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Thierry Charles (Polyvia) : "Il s’agit d’un élément clé de la réindustrialisation"

Le 28 octobre 2021 à 16:26

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C'est l'un des sujets majeurs du moment pour les industriels : la crise des matières premières. Cette thématique sera évidemment abordée sur le salon Prod&Pack, par le biais d'une conférence. "Crise des matières premières : le temps du monde fini commence !", le jeudi 18 novembre à 13H, animée par Thierry Charles, Directeur des Affaires Publiques chez Polyvia.

Avant de le retrouver de vive voix à Eurexpo Lyon, Thierry Charles a accepté de répondre à nos questions.

 

La crise des matières premières est là : comment l’expliquer ?

 

« Le temps du monde fini commence », rappelait Paul Valéry que je citais en exergue de mon ouvrage paru en 2013 « L'industrie en cale sèche - Matière premières : de la gestion des flux aux rapports de force ».

 

Depuis la fin 2020, la Plasturgie connaît de graves difficultés pour l’approvisionnement des matières premières, conséquence à la fois d’une rupture de stock chez les fournisseurs et de hausses des prix vertigineuses. Au-delà du simple sujet prix, les entreprises de Plasturgie ont dû faire face à un vrai risque d’arrêt de production, par manque de matières premières.

Le phénomène s’est répandu comme une traînée poudre et a entraîné une baisse de production dans certains secteurs dans des proportions parfois impressionnantes. La tension a perduré tout le premier semestre et les goulets d’étranglement se sont poursuivis sur le second semestre 2021.

Si les perturbations dues à l’épidémie de Covid-19 ont sans doute joué dans cette affaire, toutefois, une crise similaire avait déjà eu lieu en 2015, et Bercy avait aussitôt mis en place des mesures d’urgences dans la mesure où les plasturgistes sont dans une position asymétrique défavorable par rapport aux fournisseurs de matières. Par ailleurs, les enjeux mondiaux liés à l’environnement, au climat ou à la géopolitique, ont impacté directement le marché des polymères et du pétrole. En cas de pénurie, les transformateurs de matières plastiques français sont, du coup, moins prioritaires que d’autres industriels notamment asiatiques. Il est probable que les prix de nombreux matériaux se maintiennent à un niveau élevé sur la fin d’année, voire en 2022.

Les acheteurs doivent de plus continuer à affronter des tensions sur d’autres marchés. Les prix du carton flambent et les délais s’allongent. Ils sont par exemple passés à trois mois pour les gros conditionnements. On observe également des pénuries pour les krafts en Europe. Il en va de même pour les palettes en bois.

La crise du fret maritime impacte négativement les achats de certains plasturgistes. « On est prêt à prendre un container à n’importe quel prix mais on n’est pas sûr qu’il soit bien sur un bateau en temps imparti ». 

Une autre préoccupation est celle de l’adoption de matériaux recyclés qui risquent de connaitre également une pénurie. A cet égard, un des enjeux est de comprendre la stratégie des pétrochimistes. Il s’agit d’avoir une meilleure visibilité sur les intentions d’investissement ou de désinvestissement de certains producteurs.

 

C’est évidemment un vrai enjeu pour les industriels..

En effet, mis au pied du mur, les industriels s’inquiètent de la situation sur le marché des polymères, et ce quels que soient les accords signés ou le mode de fonctionnement mis en place pour garantir les livraisons. Les délais de livraison dépassent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour toutes nouvelles commandes.

Mais, et c‘est beaucoup plus inquiétant, on a constaté au-delà des fortes augmentations des prix des reports, voire des annulations de livraisons de matières, alors que les commandes avaient été établies en temps et en heure.

Quant aux producteurs d’emballage plastique, où plus de 70% des emballages sont utilisés pour emballer et protéger des aliments, ils vivaient une situation au moins aussi compliquée pour l’approvisionnement en résine vierge.

Aussi, en aval de la filière, les donneurs d’ordre clients des plasturgistes doivent tenir compte de ces situations que traversent les transformateurs. Pour ceux-ci, pas de visibilité de leurs approvisionnements, des tensions sur les délais, des annulations ou reports inexplicables, autant de difficultés qui doivent être prises en compte dans la relation établie, et faire l’objet, si nécessaire d’une forme de médiation.

 

La crise des matières premières est justement le thème de votre conférence sur Prod&Pack : parlez-nous en ! Elle permettra des données des éléments de réponse aux industriels…

C’est effectivement un thème de ma conférence dans la mesure où il s’agit d’un élément clé de la réindustrialisation. La reconquête de notre souveraineté industrielle suppose un prérequis : que nous soyons capable de sécuriser nos approvisionnements ! Et avec la double crise Covid et sur les approvisionnements matières que nous venons de traverser, l’Economie Circulaire est un atout économique et environnemental pour notre industrie.

Car le recyclage viendra sans aucun doute à la rescousse de la pénurie de matière première et il s’agit dès aujourd’hui de « transformer l’essai » des MPR afin d’assurer à l’avenir la sécurisation de l’approvisionnement des matières de l’industrie en France et en Europe.  Dans ce contexte de crise des matières premières, les plastiques recyclés ont gagné en légitimité, en qualité et en compétitivité par rapport aux plastiques vierges.

 

En plus de son offre de 600 exposants en Process, Emballage, Logistique et Recyclage, Prod&Pack vous proposera plus de 20 conférences présentées par des experts les 16-17-18 novembre à Eurexpo Lyon. Ne manquez pas l'évènement.

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